La Converse | Montréal, 25 septembre 2021 | Reportage Instagram

Retrouvez notre reportage en 5 parties sur Instagram:

“Et 1, et 2, et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité”, ont scandé les 10 à 15 000 manifestants présents à la marche pour le climat. Partis à 13:30 du Monument à sir George-Étienne Cartier, parc du Mont-Royal, ils sont arrivés trois heures plus tard au siège de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC). Leur but: dénoncer les 1 089 arrestations faites à Fairy Creek, le racisme, et les violences faites aux Autochtones dans leurs luttes.Cette journée globale du mouvement Fridays for Future a décompté 1400 événements dans 80 pays. Au Québec, ce sont 110 000 étudiants qui ont fait grève. Le but des centaines de milliers de personnes qui ont pris part: réclamer des actions plus drastiques de la part des gouvernements pour respecter l’Accord de Paris sur le climat et rendre le Canada carbonneutre d’ici 2030.

“Avec les changements climatiques, nos savoirs ancestraux commencent à disparaître”

Benoit Thisselmagan appartient à la communauté de Mashteuistsh. Il est venu marcher avec le Collectif Mashk Assi (Ours Terre, en référence à la maman ours qui protège ses petits), dont la mission est de préserver la nature et de manifester contre la déforestation. Il nous explique avoir d’ailleurs manifesté contre les coupes forestières le long de la rivière Péribonka, au Lac-Saint-Jean : « Cela a été positif, car les coupes ont été annulées [en septembre 2021] », raconte M. Thisselmagan avec fierté.

Pour lui, « le racisme n’a pas sa place ici », car la marche réunit des personnes de toutes les communautés. « Aujourd’hui, les personnes présentes à la marche sont des alliées pour protéger la nature et donc préserver notre culture. C’est très important pour moi d’être ici aujourd’hui. La bataille n’est pas finie pour avoir un changement majeur dans le gouvernement ». 

Benoit Thisselmagan vit actuellement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il est venu jusqu’à Montréal, car les changements climatiques les impactent lui et sa communauté dans leur quotidien. « Le réchauffement climatique concerne aussi les Premières Nations. Dans le nord du Nitassinan (notre Terre en français), des animaux sont en voie de disparition à cause des changements climatiques : l’ours polaire, le caribou, l’orignal. 

Autrefois, c’était le caribou qui régnait dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mais avec l’arrivée de l’orignal, il a commencé à disparaître. Aujourd’hui, il se passe la même chose avec l’orignal, qui attrape des tiques et commence à tomber malade. On craint qu’il disparaisse et qu’il soit remplacé par le chevreuil.

Cela fait partie de notre culture. Nos grands-pères et arrières-grands-pères nous ont laissé des savoirs sur la faune et la flore. Avec les changements climatiques, ces savoirs ancestraux commencent à disparaître ».

Toutes les luttes ramènent à l’humanité des sans-papiers

Samira Jasmin est là avec Solidarités sans frontières pour représenter les personnes sans statut.

“Solidarité sans frontières se positionne à l’intersection de toutes les luttes. Pour l’organisme, les personnes précaires qu’il représente ont fui leur pays pour des raisons politiques, mais aussi à cause des changements climatiques et des conséquences de l’exploitation des ressources sur leur environnement.  

« Ils se sont enfuis de leur pays et de la lutte coloniale et la plupart d’entre eux n’ont pas de statut ou d’accès à la santé ici au Canada. Toutes les luttes ramènent à l’humanité non ? ».

Tout le monde est ensemble pour une même cause, alors que l’on est souvent divisés pour la politique

Zoé, 18 ans est en deuxième année de Cégep.

« Je suis là, car c’est une cause très importante pour les jeunes », affirme-t-elle. Elle raconte être affectée au quotidien par l’inaction en matière d’environnement.

« Ce sont des petites choses, mais qui en disent long. Des amis asthmatiques vivent difficilement la pollution par exemple. On peut à peine voir les étoiles aussi, à cause de la pollution lumineuse », explique-t-elle.

La pollution lumineuse est aussi intense à Montréal qu’à New York, alors que la métropole québécoise ne compte que 2 millions d’habitants contre 20 millions à New York. 

« On ressent tous de l’écoanxieté. Ici à Montréal, on est entourés d’eau et chaque année, certains amis se font inonder. 

Pour elle, il y a un lien évident entre changements climatiques et racisme. « Pour les populations autochtones, le lien à la nature est très profond et le réchauffement est en train de détruire cette nature », détaille-t-elle.  

Participer à cette manifestation lui tient à cœur. « Tout le monde est ensemble pour une même cause, alors que l’on est souvent divisés pour la politique. Je suis heureuse de partager une appartenance avec tous ces gens présents aujourd’hui pour une cause nécessaire »

Quand on est une personne de couleur, on n’a pas le choix de se battre pour le climat.

Larissa est actuellement à l’Université de Montréal, elle étudie en études internationales et s’intéresse particulièrement aux mouvements migratoires. Elle arbore une pancarte indiquant «Plus de 216 millions de réfugiés climatiques d’ici 2050 », un chiffre de la Banque mondiale, et met un point d’honneur à parler des conséquences du réchauffement sur certaines régions. 

 « De plus en plus de populations ont des demandes criantes sur les îles du Pacifique qui sont en train de disparaître », explique Larissa. En Afrique du Nord, par exemple, le manque d’eau s’accentue, poussant ainsi les populations à partir. 

« Quand on parle de climat, souvent les porte-parole sont blancs, mais c’est en train de changer. Quand on est une personne de couleur, on n’a pas le choix de se battre pour le climat. C’est important pour tout le monde, car la Terre appartient à tout le monde, selon moi. C’est pour cela que je suis ici pour représenter ma communauté et mettre la main à la pâte », ajoute Ornella, une étudiante en communication à l’UdeM. 

« Les pays du Sud souffrent des conséquences des actions des pays du Nord, des pays blancs majoritairement, comme les États-Unis ou le Canada. Mais on n’en entend pas parler. Il faudrait aller voir plus en détail ce qui se passe dans ces pays-là », explique Valentina, étudiante en production théâtrale. 

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